Assises nationales de la Refondation : Les travaux démarrent sans une large partie de la classe politique, de la société civile et des groupes armés signataires de l’Accord de paix

Assises nationales de la Refondation : Les travaux démarrent sans une large partie de la classe politique, de la société civile et des groupes armés signataires de l’Accord de paix

Les travaux des Assises Nationales de la Refondation (ANR) ont démarré le samedi 11 décembre 2021 dans certaines communes du Mali. Ces rencontres sont boycottées par une large partie de la classe politique, de la société civile et des groupes armés signataires de l’Accord de paix.

Les responsables de la Synergie des forces politiques et de la société civile dénommée: « An ka Mali kisi ! » (Sauvons le Mali) étaient face à la presse, le samedi 11 décembre 2021 à la Maison des Aînés de Bamako pour dénoncer la gestion de la transition par les autorités actuelles. Au cours de cette conférence de presse ayant pour thème : « capitalisons nos efforts pour sauver la transition », ce regroupement composé de plus de 70 partis politiques a dénoncé l’insécurité, la cherté de la vie, l’injustice, le problème scolaire au Mali. Cette synergie invite les autorités à respecter le délai de la transition tout en organisant les élections.

Plusieurs ténors de la Synergie prenaient part à cette conférence dont Dr. Bocary Tréta, Amadou Koïta, Djiguiba Keïta dit PPR, Youssouf Diawara, Ismaël Sacko, l’ancien député Amadou Araba Doumbia, Issa Kaou Djim de l’ACRT et bien d’autres. Après l’observation de la minute de silence en la mémoire des disparus et l’exécution de l’hymne national du Mali, les présidents du cadre d’échange des partis politiques, Youssouf Diawara et celui des Forces Patriotiques et Progressistes du Mali, Amadou Araba Doumbia, ont dénoncé l’insécurité qui sévit au Mali. « Notre transition a besoin de recadrage pour lui permettre de capitaliser le temps qui lui reste », a souligné Amadou Araba Doumbia. Pour sa part, Cheick Oumar Diallo de la Plateforme unie pour le Mali (PUMA) a dénoncé la cherté de la vie au Mali. Quant à l’ancien ministre, Djiguiba Keïta dit PPR du PARENA, il a insisté sur l’urgence d’un calendrier consensuel pour la restauration de l’ordre constitutionnel. «Sortir de l’impasse institutionnelle, en élisant des autorités légitimes fait partie de la solution à la crise multiforme. L’absence de volonté politique du gouvernement a conduit le pays à ne pas tenir sa parole devant le peuple, devant la CEDEAO et la communauté internationale.

A moins de trois mois de l’échéance du 27 février 2022, aucun préparatif sérieux des élections devant mettre fin à la Transition n’est en cours. Au regard des urgences du moment et de la nécessité de rassembler les Maliens autour de leur pays et de leurs FAMAS, un CNT et un gouvernement inclusifs ainsi que la nomination d’un Premier ministre rassembleur et moins diviseur s’imposent », a déclaré PPR. Sékou Niamé Bathily s’étonne de voir la tenue des Assises nationales de la Refondation (ANR) sans les élections dans les mêmes localités. L’invité, Issa Kaou Djim, a demandé aux autorités de respecter leurs engagements. « Les élections ou rien », a-t-il dit.

Dans la déclaration liminaire lue par Youssouf Diawara de la Plateforme unie pour le Mali et de la CMAS, le Cadre d’échange des partis et regroupements politiques pour une transition réussie, la Plateforme Unie pour le Mali, Cœur pour la Nation, Force Patriotiques et Progressistes du Mali et le PARENA lancent un appel pressant au Président de la Transition à prendre toutes ses responsabilités pour inscrire la transition dans la charte et la constitution qui l’encadrent. « Nous, organisations politiques et de la société civile, exigeons l’élaboration et la publication d’un chronogramme électoral à dissocier de toutes assises, l’établissement d’une carte électorale sur la base des données sécuritaires, la reprise des réunions du cadre de concertations entre le ministère de l’administration territoriale et de la décentralisation et les partis politiques, la société civile, les mouvements signataires de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, la cessation des arrestations politiques, des intimidations et des menaces à l’endroit des personnalités politiques.

Enfin, le Cadre d’échange des partis et regroupements politiques pour une transition réussie, la Plateforme Unie pour le Mali, Cœur pour la Nation, Forces Patriotiques et Progressistes du Mali et le PARENA rejettent d’office toutes conclusions issues des Assises Nationales dites de la Refondation dans son format actuel. Ils tiennent les autorités de la Transition pour seules responsables de leur inaction », a souligné Youssouf Diawara. Répondant aux questions des journalistes, le conférencier Youssouf Diawara a fait savoir qu’aucun regroupement de la Synergie ne participe aux ANR qui se sont tenues au niveau de certaines Communes de l’intérieur les 11 el 12 décembre 2021. Par ailleurs, il dira que la Synergie mettra à qui de droit dans les prochains jours son document de sortie de crise au Mali.

Des groupes armés signataires crient à l’exclusion

En plus de la Synergie des forces politiques et de la société civile dénommée: « An ka Mali kisi ! », les organisations membres du Cadre Stratégique Permanent (CSP), la CMA, la Plateforme et la CMI, crient à l’exclusion. Dans une déclaration, publiée le vendredi 10 décembre 2021, le Cadre Stratégique Permanent (CSP) explique que malgré plusieurs tentatives d’aboutir à un consensus politique avec les autorités de Transition autour du processus d’organisation d’Assises Nationales consacrées à la Refondation du Mali, le Gouvernement a exclu les mouvements signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issue des pourparlers d’Alger. « Le CSP remarque également l’exclusion et la non prise en compte d’importants acteurs de la vie politique malienne malgré leur disponibilité à accompagner ces assises », lit-on dans la déclaration signée par Moussa AG Acharatoumane.

Source : Le Republicain

Ahmadou Kanta

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